Anne

" Je suis arrivée à Passador brisée, après un viol qui était la négation de ma personne, de mon droit d’exister en tant que sujet. À Passador, j’ai reconquis ce droit. J’ai réappris mon corps, mon espace, voir et être vue, être entendue lorsque j’accepte ou refuse, créer, être belle dans le son, le dessin, le mouvement, être, exister. Quelle joie de rencontrer chaque personne, de voir sa beauté, d’écouter sa parole et son chant, sa créativité, son être, unique. Passador est la seule chose que je n’ai pas lâchée même dans les moments les plus noirs. Si maintenant je suis debout, les pieds plantés dans la terre, la tête dans la brise printanière, ouverte et vivante, c’est grâce à cette expérience fondatrice. Aujourd’hui je suis au monde et « le monde entier est toujours là ». "


Antonella

" Mon collège est situé dans une zone très défavorisée socialement, il y a énormément de problèmes par ici : chômage, alcoolisme, cancers, suicides de parents d'élèves. La vie de mes collégiens n'est pas rose tous les jours. J'essaie de leur apporter le meilleur, exigence, professionnalisme.  Et quand je me retrouve à diriger une chorale de 100 gamins dans une super belle salle de spectacles où on les a emmenés pour la journée, non seulement je suis assez fière du chemin parcouru, mais je me rends compte que certaines pratiques musicales de ces années-là sont devenues des "automatismes" comme évidemment la bienveillance, le droit à l'erreur, mais aussi tout le travail sur le corps, que bizarrement mes collègues profs de musique ne pratiquent pas toujours. Alors quand on est en pleine répétition de chorale, et que c'est moi qu'on a choisie pour diriger parce que "c'est mon truc" ou que "j'ai un bon feeling pour diriger les collégiens", je suis contente de me dire que mon exemple va donner envie à mes collègues de faire pareil ! "


Sébastien

" Mon expérience avec Passador est surtout faite de moments libérateurs, comme si d'un coup j'étais libre de faire une chose jusque là inaccessible tout en étant entièrement moi dans le respect de l'autre, des autres. Je me souviens avec intensité des premiers moments d'harmonie et d'avoir fait cette expérience reste probablement un de mes plus beaux souvenirs. Trouver ma place,  oser. "


Marie

" Chanter à Passador a été fondateur dans ma construction d’adulte et de femme. Avec ce chœur de jeunes, j’ai fait l’expérience d’oser prendre ma place dans un groupe. Oser chanter seule, oser me mettre devant, oser être regardée et écoutée par les autres et sentir qu’on ne me juge pas, qu’on m’accueille comme je suis, avec ma voix belle et imparfaite, mes fausses notes, ma pudeur… A Passador, j’ai traversé d’innombrables peurs, j’ai goûté à l’incroyable beauté des voix qui s’accordent, j’ai tissé des liens profonds, j’ai ri, j’ai pleuré, j’ai vu des étoiles dans les regards… A Passador, j’ai appris à regarder droit dans les yeux, à dire non, à dire oui, à dire ce que je ressens, à écouter les vibrations de ceux qui m’entourent. J’ai appris que la beauté est partout, en moi, en chacun d’entre nous, et dans ce qu’on décide de faire ensemble. J’ai aussi appris qu’être soi-même demande du travail. Retrousser ses manches, se mettre à l’établi, prendre le temps qu’il faut pour malaxer la matière, déranger ce qui doit l’être, recommencer encore et encore. Chercheur(euse) de moi-même… "


Marc

" Passador correspond à une étape d’un éveil à la vie pour moi, précis, et d’autant plus précieux qu’il est rattaché à un âge clé de mon cheminement, entre ado et adulte. Aujourd’hui j’ai beaucoup d’affection et de curiosité pour les jeunes que je rencontre et qui ont cet âge-là, qui sont dans cette étape. J’ai noué amitié avec certains et je tente le plus justement de leur PASSER des clés, des pistes, voire de collaborer avec eux. Passador c’est la confiance que les petites choses que je bricole dans mon coin, sur mon cœur, ont une valeur inouïe et qu’il faut en prendre soin. En créant le chœur des habitants d’ici dans les Cévennes, j’ai vu que tout était là, entre mes mains, même au fond de la vallée la plus perdue je n’avais moi rien perdu de ce feu, et j’avais grâce notamment à toi et à Passador les clés pour être contagieux, pour partager, pour vivre la musique, la voix, le théâtre avec les habitants. C’était très beau ! "


Corinne

" Passador a été pour moi un moment-clé dans ma vie de jeune adulte et de professeur d'éducation musicale débutante. C'est dans cet environnement que j'ai pu prendre confiance en moi, découvrir que ma grande sensibilité est une force et pas un handicap, mais aussi et surtout, apprendre que la musique était un moyen et pas une fin en soi, qu'elle passe par le corps et que le corps se souvient mieux que la tête, qu'il ne faut pas avoir peur des fausses notes, des imperfections, qu'être vivant c'est être imparfait, que la musique et le chant sont un médium pour travailler sur soi, sur son bonheur personnel et pour transmettre des émotions ! J'ai aussi appris à Passador à ne pas avoir peur d'improviser de la musique ! À créer ! À regarder les gens dans les yeux, avec un regard qui ne tue pas, qui ne juge pas mais qui est accueillant et bienveillant ! Et j'ai bien entendu découvert des trésors de répertoire. "


Matthieu

" J'ai vécu à Passador une formidable expérience d'accord d'âge. Me mettre en phase avec moi-même, et être à la recherche de ce qui me centre. Découvrir ma voix de ténor, assumer qui je suis. Commencer à l'aimer aussi et à en prendre soin consciemment. J'ai aimé les relations qui se sont créées, toutes particulières, dont le fil à plomb était la musique. Belle expérience d'accord de voix avec ma compagne d'alors et de maintenant. Nous chantons de temps en temps pour nos enfants sur des rythmes 'passadoriens' et cela fait beaucoup de bien. Passador a accompagné ma paternité, et ouvert les voies de la douceur. Droit sacré à l'erreur, être là au présent, prendre soin de soi et des autres pour s'accorder, assumer mon côté 'samouraï', prendre des risques sans se mettre en danger : voilà pour l'essentiel. "


Audrey

" En parlant avec d'autres, je me dis que tout le monde devrait pouvoir à un moment de sa vie avoir accès à un tel laboratoire d'expérimentations, avec comme base la bienveillance, le droit sacré à l'erreur. En réalité cela devrait être évident. Ces années m'ont permis de me dépasser, de dépasser des  peurs, de m'assumer et pouvoir sortir de moi même, de me faire un peu plus confiance. Aujourd'hui je sais et je dis que je suis une artiste "